FIFA
vendredi 03 juillet 2026, 17:00

Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986™ : un ballon chargé de souvenirs pour Humberto Sierra

  • En 1986, Humberto Sierra a assisté l’équipe arbitrale en tant que volontaire

  • Il avait reçu un cadeau spécial à l’issue du fameux quart de finale du Mexique

  • Devenu lui-même arbitre FIFA, il a officié au niveau international

L’édition 1986 de la Coupe du Monde de la FIFA™ a marqué un tournant dans l’histoire sportive du Mexique, devenu à cette occasion le premier pays à organiser l’épreuve suprême à deux reprises.

Sur le terrain, El Tri avait régalé ses supporters. La sélection mexicaine était restée invaincue jusqu’en quarts de finale avant de s’incliner face à la RFA, future finaliste. Très incertaine, la rencontre s’était achevée sur un nul vierge au terme de la prolongation. Malheureusement pour eux, les Mexicains sont ensuite passés à côté de l’épreuve des tirs au but, s’inclinant 4-1 face à leurs adversaires ouest-allemands.

Cette conclusion a laissé tout un peuple sur sa faim mais, pour un homme en particulier, Humberto Sierra, cette expérience reste malgré tout un bon souvenir. Lui-même arbitre à l’époque, il s’engage en tant que volontaire afin d’assister l’équipe arbitrale de la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986™.

« On nous a donné un véhicule pour conduire les arbitres d’un site à l’autre. On devait se rendre à l’aéroport pour les accueillir et on nous avait demandé d’être à l’heure. Ensuite, on les a conduits à l’hôtel et on leur a proposé de visiter la ville. »

C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Jesús Díaz Palacios, l’arbitre colombien qui officie lors de ce fameux quart de finale, le 21 juin 1986 à l’Estadio Universitario de Monterrey. Un épisode particulier survenu après le match a profondément marqué Humberto.

« Je me souviens très bien de ce quart de finale. Le stade était plein à craquer. Sur le chemin, nous avons discuté. Ils parlaient de leurs plans pour le match. Je me rappelle qu’il y avait beaucoup de circulation.

1986 FIFA World Cup Mexico™: a ball of memories for Humberto Sierra

Quand nous sommes arrivés au stade, les arbitres sont partis directement aux vestiaires. Nous attendions à l’extérieur. C’était vraiment très exaltant. J’étais en costume mais, même si je ne portais pas une tenue d’arbitre, j’avais le sentiment de faire partie de l’équipe. »

Venons-en maintenant au cœur de cette histoire. Les rêves du Mexique viennent de voler en éclats. Tout le pays est sous le choc mais Humberto, lui, va vivre un événement inoubliable. À l’évocation de ce souvenir, son visage s’illumine. « Il s’est passé une chose incroyable à la fin du match. L’arbitre a salué tout le monde. Il s’est tourné vers son assistant et lui a dit : ‘Tiens, ce ballon est pour toi.’ Il en a donné un autre à son deuxième assistant, un troisième au commissaire de match, le Français Roger Marchand. Puis, il m’a regardé : ‘Humberto, ce ballon est pour toi.’ » Ledit ballon entre les mains, notre interlocuteur a bien du mal à masquer son émotion.

« Quel incroyable souvenir de cette Coupe du Monde ! J’en suis très fier. Pour moi, il a autant de valeur qu’un trophée. »

Au fil du temps, ce ballon est devenu une véritable relique, qui fascine tous ceux qui l’approchent.

« Ça fait bien longtemps qu’il m’accompagne et j’ai raconté cette histoire plus d’une fois à mes enfants. On me pose souvent des questions. On me demande si c’est avec ce ballon que [Francisco Javier] Cruz a marqué le but refusé ou s’il a été utilisé pendant les tirs au but. Je n’en sais rien. Mais je peux vous dire qu’il a effectivement servi pendant le match. Cette Coupe du Monde est la première pendant laquelle on utilisait cinq ballons par match. »

Et d’ajouter : « Dès que le ballon sortait, on en envoyait un autre sur le terrain. Pendant le temps réglementaire, en prolongation ou pendant les tirs au but, ce ballon est forcément entré sur le terrain. Je le garde précieusement. Au début, c’était juste un beau souvenir. Aujourd’hui, c’est une source de fierté ; j’y suis très attaché. »

À l’époque, Humberto était déjà arbitre professionnel. « J’officiais en première division et j’ai obtenu l’insigne de la FIFA », raconte-t-il, preuve à l’appui. Il fait partie de la première génération d’arbitres assistants. La Coupe du Monde 1986 marque le début d’une belle carrière, qui l’amènera notamment jusqu’à la scène internationale.

Il est également très heureux de voir la plus belle des compétitions revenir à Monterrey. La ville et le pays ne boudent pas leur plaisir, à l’heure d’accueillir l’épreuve une troisième fois.

« Nous sommes passionnés de football, mais nous sommes aussi accueillants et sympathiques. C’est sans doute pour ça que nous sommes si souvent choisis. En 1986, nous avons chaleureusement accueilli le monde entier. Je suis certain que ces souvenirs ont pesé dans la décision de la FIFA de faire du Mexique l’un des pays organisateurs de cette édition. »

Humberto Sierra, former referee in Monterrey

Humberto a donc pu goûter une fois de plus à l’ambiance unique de la Coupe du Monde à l’occasion du match de groupe entre l’Afrique du Sud et la République de Corée, au Stade de Monterrey. La cérémonie d’avant-match l’a particulièrement impressionné.

« Chaque édition apporte son lot de nouveautés. Cette année, on voit les drapeaux des deux pays sur le terrain, et tous les joueurs, titulaires et remplaçants, sortent ensemble pour écouter les hymnes nationaux et saluer les arbitres. C’est nouveau. Ces innovations proposées par la FIFA contribuent à hausser le niveau de l’organisation d’une édition sur l’autre. »

Humberto reste arbitre jusqu’au bout des ongles. « J’étais là en tant que simple spectateur, mais je me suis naturellement concentré sur l’arbitrage. J’ai étudié les déplacements de l’arbitre et ses décisions. C’est plus fort que moi ! Un carton, un coup franc, une touche... J’ai vécu le match à travers ses coups de sifflet. »

Et pourtant sa propre carrière tient presque du hasard.

1986 FIFA World Cup Mexico™: a ball of memories for Humberto Sierra

« Je travaillais à l’université autonome de Nuevo León. Mon supérieur était instructeur pour les arbitres professionnels. Il m’a fait lire les Lois du Jeu. J’étais fasciné. J’ai commencé à m’entraîner avec les arbitres professionnels. La rigueur et la structure me plaisaient beaucoup. »

La suite, vous la connaissez désormais. « Le sérieux et l’équité m’attiraient. J’ai eu une carrière bien remplie. Une année, j’ai même été élu meilleur arbitre assistant du Mexique. Ensuite, en deuxième division, j’ai été élu meilleur arbitre et j’ai été promu en première division. En 1992, j’ai fait partie de la première génération d’arbitres assistants. À Monterrey, je suis devenu le premier arbitre à porter l’insigne de la FIFA », poursuit-il en nous montrant l’insigne en question et les photos de ses matches internationaux.

Humberto est donc un témoin privilégié de l’évolution du rôle de l’arbitre au fil du temps. Une innovation en particulier lui semble avoir amélioré l’expérience de la Coupe du Monde. « De mon temps, on n’avait pas grand-chose : 17 lois et quelques instructions. Aujourd’hui, il y a plus de documents. Beaucoup de choses ont changé, notamment avec l’introduction de la VAR, qui est à mes yeux un vrai progrès. S’il faut changer les Lois du Jeu pour aider les arbitres ou améliorer le football, je suis cent pour cent d’accord ! »